Alors qu’acheter une pièce sur un coup de cœur est monnaie courante, certains commencent à changer leurs habitudes de consommations. Plus écologique, plus respectueux des droits humains, bref plus responsables. Se rapprochant de l’idée que prône le minimalisme, qui vise à consommer moins, mais mieux, il devient de plus en plus récurant de voir des concept-stores se lancer dans l’éthique. Pour autant, nul besoin d’avoir un budget shopping extraordinaire pour mieux consommer ! Matières, labels ou provenances, c’est en s’attardant sur les étiquettes, en les lisant et en les comprenant que tout commence. 

C’est un fait, plus il y a d’indications sur une étiquette, plus on peut avoir confiance en la marque et le produit auquel on s’intéresse. C’est le concept de la traçabilité. Première chose, facile à décrypter, ce sont les matières. Coton, lyocell, viscose, les déclinaisons sont nombreuses, les noms parfois imprononçables. Certaines sont naturelles, c’est-à-dire issues de plantes, d’autres artificielles. Si on a tous nos favoris, le cabinet Brown & Wilmanns a su classer les fibres (matières qui composent un vêtement) en différents groupes. C’est en se basant sur la toxicité pour l’Homme et sur l’impact écologique (CO2, consommation d’énergie et d’eau), que ce travail a donné lieu à un petit tableau où A+ représente le meilleur. 

Textile : la classification des matières 

A+ : lin bio, fibres recyclées, chanvre bio

A : Tencel, lyocell, coton bio, soie bio, laine bio

B : lin conventionnel, chanvre conventionnel

C : polyester, acrylique

D : coton conventionnel, viscose

Le cas du coton

L’adage nous a appris que le coton était une matière extraordinaire. Elle tient, ne fait pas trop transpirer et reste l’une des plus communes sur le marché. Malgré une liste d’avantages alléchants, le coton est aussi l’une des pires matières au monde. Responsable à lui seul de 18 % des pesticides mondiaux et de 25 % d’insecticides, le coton, qui nécessite énormément d’eau en culture, soulève un énorme problème écologique. Alors que dans le documentaire Netflix, The True Coast, Marci Zaroff, confie que "90 % du coton utilisé dans l’industrie textile est génétiquement modifié." , l’équipe de Cash Investigation révélait, dans son reportage, "Coton : l’envers de nos tee-shirts" diffusé le 11 novembre dernier, que le label BCI, n’était pas fiable. Pourtant partenaire de nombreuses lignes responsables des enseignes de fast-fashion type H&M Conscious, le label, dont le coton est lui aussi génétiquement modifié, jouerait avec les quotas. Alors qu’il faut qu’au minimum 30 % de la production, soit issue de l’agriculture biologique, le mélange avec le coton conventionnel gâche tout effort. Seuls labels auxquels on peut faire confiance quand il est question de coton : BioRé, Bluesign et GOTS. Ce dernier allant encore plus loin puisqu’en plus d’exiger 70 % minimum des cotons biologique, il assure que la teinture soit non toxique et que les valeurs sociales soient respectées. 

Les labels

Si de plus en plus de labels font leur apparition sur le marché, de nombreuses petites marques n’ont pas forcément les moyens de se faire labelliser pour des raisons financières. C’est alors qu’intervient la plateforme SloWeAre fondée par Eloïse Moigno et Thomas Ebélé. "Notre but est de transmettre aux lecteurs les outils essentiels pour consommer plus responsable que ce soit avant l’achat ou tout au long du cycle de vie d’un vêtement." En plus d’un guide des étiquettes, les deux compères ont développé un guide des boutiques qui vise à mettre en avant des marques qui respectent les trois piliers indispensables de la mode éthique : travailler avec des fibres écologiques, avoir une dimension sociale et proposer des pièces à la pointe de la mode. "Une fois tous les ans, nous auditons chacune des marques qui doivent prouver la traçabilité de leurs pièces. Cela signifie qu’elles travaillent avec des fournisseurs labellisés ou qu’elles insistent sur la pérennité des savoirs faire." En plus de lutter contre les préjugés et d'aider les fabriquants à sans cesse s'améliorer, cette espace vitrine, prend alors le relai d’un label en se portant garant de la qualité et de la fibre écologique de celles et ceux qu’ils cataloguent sur le site.

Consommer éthique c’est aussi prendre soin de ses vêtements

Comme le dit Thomas Ebélé, "il y a plusieurs façons de consommer". Sur les étiquettes de nos vêtements, outre les compositions et les labels, on retrouve aussi et surtout les indications qui servent à entretenir chaque pièce. Lavable à la main ou en machine, à 30 ou 40°, passage au sèche-linge, repassage, autant d’indications qui, si elles sont prisent en compte permettent de prolonger la durée de vie de ses vêtements. Cette indication, Anne Montecer, blogueuse qui se cache derrière les blogs Annouchka et Le dressing Idéal, y est très attaché. Il y a quelques jours, elle racontait d’ailleurs au micro du podcast Chiffon comment cela lui est venu. "Ma maman était assez obsédé par les étiquettes, elle ne regardait pas forcément les prix, mais toujours à l’intérieur du vêtement […] et ça m’énervait, je ne comprenais pas pourquoi elle bloquait sur des matières, je trouvais ça un peu stupide jusqu’à ce que je prenne mon indépendance et que je commence à faire mes lessives moi-même, quand j’ai vu que mes fringues en acrylique ne passaient pas le premier lavage, j’ai compris et j’ai commencé à faire pareil.

Entretien, recyclage, fibres écologiques, consommation éthique, ces termes se font une place de plus en plus importante dans notre langage. 25 avril 2013 : un immeuble qui héberge plusieurs ateliers d’enseignes de fast fashion, dont ceux de Mango et de Primark, s’effondre. Provoquant la mort de 1127 personnes, l’incident du Rana Plaza alerte l’occident sur les conditions de travail : c’est le début d’une nouvelle ère. Celle "du consommateur qui devient consomm-acteur" comme le disent si bien les fondateurs de SloWeAre. Avec plus de 80 milliards de vêtements fabriqués par an et une production textile qui a quadruplé en quatre ans, l’industrie textile qui se révèle être le deuxième domaine le plus polluant après l’industrie du pétrole est en pleine transformation. Énorme danger pour la planète ainsi que pour les hommes, face à de tels chiffres, plus qu’un courant en vogue, la mode éthique et la consommation responsable sont de véritables engagements qui, à l’inverse de ce que l’on pourrait croire ne demandent pas plus d’énergie, d’argent ou de temps que ça.

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Cyrine BRmdn


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