L’anorexie du nourrisson est un trouble relativement rare mais préoccupant, caractérisé par un refus ou une réduction significative de la prise alimentaire chez l’enfant de moins de 3 ans. Contrairement à l’anorexie mentale de l’adolescent, il ne s’agit pas d’un trouble de l’image corporelle, mais d’un phénomène complexe impliquant souvent l’environnement familial, les interactions parent-enfant et parfois des facteurs médicaux sous-jacents.

Ce trouble peut survenir à tout âge entre quelques mois et 3 ans. Il se manifeste généralement par un manque d’appétit marqué, un rejet des aliments ou des repas très difficiles. L’enfant ne prend pas ou peu de poids, ce qui inquiète rapidement les parents ou les professionnels de santé. Il est important de ne pas confondre l’anorexie du nourrisson avec une simple phase de sélectivité alimentaire, fréquente à cet âge.

Quelles sont les causes de l’anorexie du nourrisson ?

Les origines de ce trouble sont souvent multi-factorielles. On retrouve :

  • Des causes médicales : reflux gastro-œsophagien, allergies alimentaires, infections, troubles neurologiques… Il est primordial d’éliminer une cause organique.
  • Des facteurs psychologiques : tensions parent-enfant, anxiété maternelle ou paternelle, difficultés relationnelles lors des repas.
  • Des éléments éducatifs : attitudes trop intrusives, contrôle excessif ou pression autour de la nourriture.

La relation qui s’instaure autour de l’alimentation peut renforcer ou apaiser le trouble.

Quels signes doivent alerter ?

L’anorexie du nourrisson se manifeste par un ensemble de signaux qui doivent motiver une consultation :

  • Refus persistant de s’alimenter ou quantités très faibles absorbées.
  • Stagnation, voire perte de poids, sur les courbes de croissance.
  • Repas vécus dans la tension ou le conflit.
  • Manifestations d’angoisse chez l’enfant ou ses parents au moment des repas.

Quels risques à long terme ?

Si l’anorexie du nourrisson n’est pas prise en charge rapidement, il existe un risque de carences nutritionnelles pouvant affecter la croissance, le développement psychomoteur et la santé globale de l’enfant. Le trouble peut aussi impacter la dynamique familiale et la relation affective avec l’enfant.

Comment réagir et quelles prises en charge ?

Face à une anorexie du nourrisson, il est essentiel de consulter un médecin, de préférence un pédiatre. Celui-ci recherchera avant tout une cause organique éventuelle. En l’absence d’anomalie médicale, une évaluation globale de la situation familiale et des interactions lors des repas est préconisée.

  • Accompagnement parental pour adopter des attitudes positives et non anxiogènes lors des repas.
  • Soutien psychologique ou suivi auprès d’un psychologue familial si nécessaire.
  • Ré-éducation nutritionnelle progressive, en évitant toute pression sur l’enfant.

L’anorexie du nourrisson est un trouble transitoire dans la majorité des cas si une prise en charge adaptée est proposée. Le maître-mot : patience et bienveillance, afin de redonner confiance à l’enfant et à ses parents dans le plaisir de s’alimenter.